You are here: Accueil Economie France L'Etat gèle la hausse des tarifs des péages, les sociétés d'autoroutes en colère
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Le Journal Des Bonnes Nouvelles

Les bonnes nouvelles apportées dun pays éloigné, sont comme de leau fraîche à une personne altérée et lasse.

L'Etat gèle la hausse des tarifs des péages, les sociétés d'autoroutes en colère

Envoyer
Note des utilisateurs: / 2
MauvaisTrès bien 

Le bras de fer entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes est loin d'être terminé. Alors que l'Etat avait signé avec les sociétés concessionnaires des hausses programmées de 1,5% des tarifs des péages entre 2015 et 2018, Matignon vient de faire machine arrière en gelant l'augmentation de 0,57% en moyenne prévue à partir du 1er février.

Les sociétés autoroutières, qui n'ont pas l'intention d'en rester là, dénoncent une «décision unilatérale qui décrédibilise de façon durable la signature de l'État pour les contrats de partenariat public-privé.» L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) annonce «sans attendre», le lancement d'«une procédure contentieuse» à l'encontre de l'Etat.

Depuis plusieurs mois, les sociétés concessionnaires comme Vinci, Eiffage ou Albertis sont dans l'œil du cyclone. Mi-septembre, un rapport de l'Autorité de la concurrence dénonçait la «rente» de ces entreprises depuis la privatisation de 2006, les péages augmentant plus vite que l'inflation. Des chiffres qui sont remis en cause par les sociétés d'autoroutes. Si les chiffres avancés par l'Autorité de la concurrence sont vrais sur un seul exercice, les sociétés font valoir que la rentabilité des concessions ne serait que de 8 à 9% sur l'ensemble de la durée si l'on tient compte de l'achat de la concession mais aussi de la reprise de la dette des autoroutes qui s'élevait à 39 milliards d'euros.

Pour le gouvernement, le dossier est alors devenu politique mais aussi symbolique d'une lutte permanente pour préserver le pouvoir d'achat des ménages... Ségolène Royal avait déjà demandé le gel des tarifs pour 2015. C'est chose faite en attendant les conclusions de travail parlementaire qui est chargé d'examiner «les deux scénarios envisageables». A savoir une renégociation ou une résiliation des contrats de concession, a rappelé mardi Matignon dans un communiqué, ajoutant que le Premier ministre souhaite qu'un point d'étape soit effectué «d'ici à fin février».Depuis lors, les négociations entre les concessionnaires et l'Etat sont serrées. Le gouvernement envisage de revoir les termes des contrats de concessions qui pour faire simple lui permettait d'empocher une part du gâteau. Les concessionnaires autoroutiers, eux, sont d'accord pour lisser les hausses tarifaires et partager certains bénéfices avec l'Etat quand cela va bien ; mais aussi, en cas de difficulté, d'avoir le soutien de l'Etat. En outre, les sociétés autoroutières souhaitent un allongement de la durée des concessions alors qu'un plan d'investissements de trois milliards doit se mettre en place.

 

Des parlementaires socialistes veulent aller plus loin en demandant au gouvernement de résilier purement et simplement ces contrats. Depuis la privatisation des autoroutes en 2006, la question de leur nationalisation revient régulièrement au parlement avec des propositions de loi d'initiative parlementaire. A chaque fois, ces textes sont retoqués. Les raisons ? Une telle opération coûterait au bas mot plus de vingt milliards d'euros à l'Etat, s'ajoutant aux 17 à 20 milliards d'euros de dette résiduelle à la charge de l'Etat... De surcroît, une telle mesure n'aurait pas d'effet immédiat. Un tel rachat ne peut se faire qu'au premier janvier de chaque année, moyennant un préavis d'un an. Et donc, le gouvernement ne pourrait reprendre le contrôle des autoroutes qu'à partir du 1er janvier 2017.

 

Like me !