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Condamné après le mensonge d'un enfant, un homme libéré après 39 ans de prison

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Il avait été condamné à mort sur la base du faux témoignage d'un enfant, qui aujourd'hui devenu adulte, a avoué son mensonge. Après 39 ans derrière les barreaux, Ricky Jackson a été innocenté, un record dans un cas d'erreur judiciaire aux États-Unis.

A l'époque, Gérald Ford était président des États-Unis. Il y a 39 ans, la vie de Rikcy Jackson prenait un tour dramatique, et la justice vient seulement d'être rétablie. Ce condamné à mort noir américain de 57 ans a retrouvé la liberté vendredi à Cleveland dans l'Ohio, innocenté après 39 ans derrière les barreaux dus au mensonge d'un enfant.

Ricky Jackson avait été accusé à tort d'un meurtre en 1975 sur la base du faux témoignage d'un garçon de 12 ans qui, arrivé à l'âge adulte, a révélé qu'il avait menti et n'avait en fait jamais rien vu du crime. «La dernière fois que Ricky a goûté à la liberté, le timbre coûtait 10 cents et Billie Jean King gagnait Wimbledon», a rappelé son avocat Mark Godsey, juste après la libération dans la salle du tribunal du comté à Cleveland. «L'événement d'aujourd'hui fait de Ricky Jackson la personne innocentée qui a purgé la plus longue peine de l'histoire américaine, selon le National Registry of Exonerations», a ajouté l'avocat sur le compte Facebook de son organisation Ohio Innocence Project.

En sortant du tribunal, Ricky Jackson a déclaré n'avoir aucune «animosité» envers le témoin. «Les gens le voient comme un adulte aujourd'hui mais en 1975 c'était un môme de 12 ans et il était manipulé et forcé par la police (qui l'a) utilisé pour nous mettre en prison. J'espère aujourd'hui que cet homme mène une vie agréable.» Interrogé sur sa vie quotidienne en prison, Ricky Jackson a expliqué avoir tout fait pour se sentir digne. «Même si vous êtes en prison, vous ne pouvez pas vous considérer vous-même comme un prisonnier. J'ai décidé de rester un homme. Je savais que j'étais innocent, je devais donc continuer à me battre.»

Lors d'une audience mardi, le procureur Timothy McGinty a déclaré: «l'Etat s'incline devant l'évidence» et les charges ont été abandonnées. Les images des premiers instants de liberté de l'ancien prisonnier sont édifiantes. L'homme, stupéfait, tient son visage entre ses mains avant d'écraser une larme. «Enfin, enfin!», souffle-t-il.

Le prisonnier avait écopé de la peine capitale en mai 1975, reconnu coupable d'avoir, avec deux complices, frappé, jeté de l'acide et tiré deux coups de feu sur un homme qui était venu collecter la recette d'un magasin d'alimentation. Le tireur avait également grièvement blessé par balle la femme du propriétaire du magasin.

Ses deux compagnons d'infortune, deux frères, avaient aussi vu leur peine commuée en prison à vie, avant d'être innocentés. Mais tous trois étaient passés proches de l'exécution. Venu se rétracter officiellement devant le juge, le principal témoin Eddie Vernon, aujourd'hui âgé d'une cinquantaine d'années, avait confessé son mensonge à son pasteur et expliqué qu'il pensait alors «faire ce qu'il fallait» en aidant la police à résoudre le crime, selon Me Godsey. Pris dans la spirale du mensonge, et sous la pression des policiers, l'enfant avait dû identifier des hommes qu'il n'avait jamais vus.

«J'étais un enfant noir du quartier, pauvre et sans éducation. Un homme blanc avait été tué. Je ne connaissais rien du système judiciaire. Pensez-vous vraiment qu'à 12 ans, je pouvais faire face à ces policiers qui me criaient au visage?», a témoigné Vernon, en larmes, au tribunal, selon le récit de l'avocat.

Après près de 15.000 nuits en prison», Ricky Jackson est donc sorti sans un sou, ni vêtements d'hiver, selon l'Ohio Innocence Project, qui lui viendra en aide avant une éventuelle compensation de l'Etat. Source de fascination pour les médias, les premiers jours de liberté de Ricky Jackson risquent d'être éprouvants. Le juge McMonagle, avant de rendre sa liberté à Jackson, lui a ainsi donné le conseil suivant: «La vie est faite de petites victoires, et celle-ci en est une immense. Maintenant, j'espère que vous savez qui sont vos amis, car tout le monde va vouloir s'approprier votre histoire. J'espère que vous savez sur qui vous pouvez compter.»

 

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