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Le Journal Des Bonnes Nouvelles

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L’ère du pétrole pas cher ne fait que commencer

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Un chiffre symbolique s’est inscrit sur les panneaux de nombreuses stations-service durant la semaine de Noël. Le gazole, carburant le plus vendu en France avec environ 80 % des volumes écoulés, valait en moyenne 99,35 centimes d’euros le litre contre 1,0018 euro la semaine précédente, d’après les relevés du ministère de l’écologie publiés lundi 28 décembre. Le diesel n’avait plus atteint ce niveau depuis juillet 2009. Ce passage sous la barre symbolique de 1 euro est la traduction concrète de la chute des cours du pétrole, tombés sous les 37 dollars le baril à Londres (Brent) comme à New York (WTI). Un niveau inconnu depuis fin 2008 en pleine crise financière post-Lehman Brothers. Il devrait se maintenir une bonne partie de l’année à venir en raison d’un excès d’offre sur le marché, préviennent de nombreux experts du pétrole.

La décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le 4 décembre, de ne plus fixer de plafond de production n’a fait qu’accélérer la chute des cours constatée depuis l’été. Son prix ne se rapprochera pas des 100 dollars (96 dollars en prix constant) avant… 2040, après une étape à 70 dollars en 2020, indique le cartel dans son étude annuelle, publiée le 23 décembre. Même s’il s’agit « d’hypothèses de travail », prévient-il, elles indiquent que les prix resteront modérés durant de longues années. Pour preuve, l’Arabie saoudite a tablé, pour la construction de son projet de budget 2016, dévoilé lundi, sur un cours du baril à 26 dollars. La surproduction d’or noir reste importante alors qu’une vigoureuse reprise de la demande mondiale n’est pas à l’ordre du jour. Si l’on attend une baisse de la production de pétrole de schiste américain en 2016, d’autres barils alimenteront le marché : les projets lancés par les grandes compagnies ces dernières années, le brut iranien après la levée des sanctions internationales contre son programme nucléaire, un surcroît attendu de pétrole libyen et l’or noir saoudien, sur lequel Ryad consent des rabais pour prendre des parts de marché à ses concurrents. Quant à l’exportation du brut américain, qui vient d’être autorisée par le Congrès, elle risque également d’exercer une pression à la baisse des prix.

« L’impact de cette baisse sur les différents acteurs de l’économie française (ménages, entreprises, administrations publiques) sera loin d’être négligeable en 2015 », indiquait l’institut de conjoncture Coe-Rexecode dès septembre, alors que le baril était à 45 dollars. Il va être plus sensible encore. Le recul du prix du pétrole a permis de « réinjecter près de 20 milliards d’euros dans l’économie française : 10 milliards pour les ménages et 10 milliards pour les entreprises », souligne Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Après un recul entre 2011 et 2014, le pouvoir d’achat par unité de consommation s’est un peu redressé en 2015, où l’inflation a été nulle. Ce redressement devrait se poursuivre. La baisse du prix du pétrole – elle se répercute sur celui du gaz – réduit l’inflation et soutient le pouvoir d’achat des ménages, qui réinjectent une bonne part des économies réalisées dans d’autres produits de consommation. La baisse à la pompe aurait été plus forte sans les taxes, qui seront relevées le 1er janvier 2016 : +3,5 centimes par litre de gazole et +2 centimes par litre de SP95.

 

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