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Le Journal Des Bonnes Nouvelles

Les bonnes nouvelles apportées dun pays éloigné, sont comme de leau fraîche à une personne altérée et lasse.

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Recueil social de la RATP: une main tendue aux SDF

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"Bonjour monsieur, c'est le recueil social. Comment a va? Ca vous dirait de venir avec nous boire un caf chaud dans le bus?" Sur le quai de la ligne 2 du mtro parisien, Fabrice et Henri entourent chaleureusement un vieux monsieur.

Le regard dans le vide, le vieillard les coute et finit par les suivre. Anciens agents de la RATP, les deux hommes ont dcid de se reconvertir et d'intgrer le Recueil social. Cr en 1994 par le Dr Patrick Henry, ce service de la RATP vient en aide aux SDF. Tous les jours, un bus amnag cet effet sillonne Paris et les stations de mtro les plus frquentes par les sans domicile fixe pour tenter de recrer un lien. Avec gentillesse et persuasion, Fabrice et Henri essayent de les convaincre de remonter la surface.

Jeunes, retraits, immigrs... tous ont leur histoire. Rarement joyeuse. Dpression, alcoolisme, rupture familiale, manque de moyens... ils ont chou dans le mtro la recherche de chaleur et d'anonymat. Certains se sont recr un cocon et invent une vie. "Un de nos clients nous raconte chaque fois qu'il est professeur de plonge et qu'il doit aller donner un cours le soir. Une faon pour lui de se cacher la vrit", raconte Fabrice. D'autres ont rompu le lien avec l'extrieur et ne parlent mme plus. Car avouer qu'on est SDF est souvent difficile. Comment accepter qu'on soit tomb si bas et qu'on n'arrive plus remonter la pente? Grce au recueil social, ils reoivent un caf, une soupe, un sourire. "La plupart du temps, les gens dans le mtro les ignorent. Pourtant, un simple bonjour peut parfois leur permettre de se sentir vivants", continue Fabrice. L'agent ne comprend pas cette indiffrence. "Ce sont des gens comme nous. Pas des extraterrestres."

Une fois dans le bus conduit par Sbastien, les SDF sont rpertoris. "Cela nous permet de faire ensuite des statistiques et de mieux s'organiser pour les aider", commente Henri, assis l'avant. Certains montent seulement pour se rchauffer et boire une soupe. D'autres sont emmens aux ESI, des centres d'accueil de jour dans lesquels ils peuvent retrouver un peu de normalit. Se laver, regarder la tl, rencontrer des assistants sociaux. A la fin de la journe, ceux qui le souhaitent sont dposs au centre d'hbergement de Nanterre pour passer la nuit. Tous ont le choix et doivent tre volontaires. "Ils choisissent ce qu'ils veulent faire, on ne les force jamais", prcise Fabrice. De 4 heures 45 le matin jusqu' 6 heures le lendemain, les bus maraudent dans Paris. Chaque mois, prs de 1600 personnes bnficient des services du Recueil social. Et en 2013, 62 ont t places dans des centres de rinsertion et ont russi s'en sortir. Une victoire pour Fabrice et Henri.

Autre mission du Recueil social: rendre les couloirs de la RATP plus agrables aux voyageurs. Lors de leur approche, les 52 agents du service tentent donc de faire comprendre leurs "clients" - comme ils les appellent - qu'ils doivent se tenir correctement, ne pas trop boire, ne pas importuner touristes et travailleurs. Toujours avec beaucoup de bienveillance. "On fait ce mtier par passion. Ce n'est pas toujours facile. Il y a les odeurs, les refus, l'agressivit face l'inconnu", explique Fabrice mais "je ne peux pas ne rien faire pour ces gens". Au moment de la pause djeuner, que les agents passent rgulirement dans le bus, ils partagent souvent leur repas. "On ne se prive pas de manger devant eux, mais on leur donne ce qui reste. Il nous arrive aussi d'aller acheter de la nourriture et de faire une petite fte dans le bus!", sourit Fabrice. Pour les "clients" rguliers rencontrs ce jour-l, le Recueil social est ncessaire. Assis au fond du bus, Amhed se rchauffe. L'ambiance est chaleureuse, du reggae rsonne dans l'habitable. Il se confie. "Ils essayent de ne pas nous laisser dans la rue. Quand on ne veut pas, ils nous demandent pourquoi. A Nol, ils nous ont aussi fait passer un super moment", raconte t-il.

La pauvret et la misre sont leur quotidien mais pour Fabrice, il y a au moins un message faire passer. "On ne demande pas aux gens de venir leur parler mais juste de vrifier qu'ils respirent encore".

 

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