You are here: Accueil Sciences Découverte scientifique Les Corses ont autrefois sacrifié au dieu Mithra
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Le Journal Des Bonnes Nouvelles

Les bonnes nouvelles apportées dun pays éloigné, sont comme de leau fraîche à une personne altérée et lasse.

Les Corses ont autrefois sacrifié au dieu Mithra

Envoyer
Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 

« Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelques maladies mortelles, le monde eût été mithriaste. » Ainsi parlait Ernest Renan. Le culte à Mithra, totalement oublié, vient de ressusciter à Lucciana, en Haute-Corse. Une équipe de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a mis au jour, sur un futur chantier routier, un sanctuaire dédié au dieu Mithra. D'après le responsable de la fouille, Philippe Chapon, il aurait pu fonctionner jusqu'au IVe siècle de notre ère avant d'être détruit volontairement. L'autel est brisé, l'édifice détruit et comblé de terre. L'édification d'un vaste complexe paléochrétien avec basilique et baptistère, dès 400, au même endroit désigne à coup sûr les coupables : les chrétiens.

Nous sommes à l'emplacement de Mariana, une colonie romaine fondée une centaine d'années avant notre ère. Elle n'a jamais dépassé une dizaine d'hectares de surface. Son port permet d'exporter les richesses de la Corse vers Rome et différents sites méditerranéens. Une grande partie de la population, d'origines romaine et autochtone, sacrifiait donc au culte de Mithra. Celui-ci serait apparu en Perse deux siècles avant notre ère. Les soldats romains l'auraient ensuite propagé dans tout l'empire. Une centaine de sanctuaires ont déjà été découverts dans les anciennes provinces romaines, dont plusieurs en France. Celui de Lucciana est le premier exhumé en terre corse. Cette religion monothéiste rivalisait directement avec le christianisme jusqu'au décret de 391, pris par l'empereur Théodose, faisant du christianisme la seule religion de l'empire et ordonnant la destruction de tout temple non chrétien.

Basé sur aucun texte, le culte à Mithra reste très mystérieux. Les initiés se transmettaient oralement les rituels. Néanmoins, l'étude des fresques et des sculptures a permis de reconstituer l'essentiel de ce culte. En deux mots, le dieu Mithra naît d'une pierre, près d'une source sacrée, sous un arbre sacré. Il croise la route du taureau primordial, s'accroche à ses cornes, monte sur son dos, tombe, se récupère et finit par porter l'animal jusqu'à une grotte où il le sacrifie sur ordre du Soleil. Du blé s'écoule de la colonne vertébrale et du vin, de ses veines. Quant à la semence, recueillie par la Lune, elle donne naissance à tous les animaux utiles à l'homme.

Les femmes sont exclues des rituels mithriaques, dont le principal est un banquet que certains spécialistes rapprochent de l'eucharistie. Justement, en Corse, les archéologues de l'Inrap ont découvert les parties inférieures d'une salle de culte et de son antichambre. La première est constituée d'un couloir central creusé, bordé de deux longues banquettes de 1,80 m de largeur limitées par un muret enduit à la chaux. À l'extrémité du couloir, le bas-relief de marbre représentant Mithra a disparu, hormis trois fragments montrant un chien et un serpent buvant le sang probablement du taureau. Les fouilles ont également permis de récolter une tête de femme, deux clochettes en bronze, de nombreuses lampes brisées et des plaques de bronze et de plomb.

« Nous avons encore jusqu'au 17 mars pour achever les fouilles, puis nous recouvrirons les vestiges de bâches et de sable avant de quitter le site pour le rendre aux ingénieurs, qui y construiront une déviation routière », explique Philippe Chapon. La deuxième mort du sanctuaire de Mithra.

 

 

 

 

Like me !