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Le Journal Des Bonnes Nouvelles

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Découverte du siècle en mer Noire : 41 épaves intactes

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Le constat n'est pas récent : la mer Noire constitue un extraordinaire congélateur pour épaves. Quand celles-ci reposent à plus de 150 mètres de profondeur, elles traversent les siècles quasiment intactes.

Une équipe anglo-bulgare-américaine d'archéologues vient d'en administrer une nouvelle fois la preuve. Alors qu'ils menaient une expédition sous-marine pour relever la topographie des fonds marins à la recherche d'occupation préhistorique, leurs deux robots autonomes sont tombés nez à nez avec une accumulation d'épaves exceptionnelle dans les eaux bulgares. La découverte du siècle ! ¨

Quarante et un navires gisent sur le sol dans un état de conservation quasi parfait sur une surface d'environ 2 000 kilomètres carrés. Les plus anciens remontent à l'Empire byzantin, voilà onze siècles, les plus récents datent de l'Empire ottoman. Il est temps de vous expliquer pourquoi les épaves ne vieillissent pas en mer Noire. Cela tient tout simplement à sa formation. Il y a plusieurs millénaires, cette mer n'était qu'un petit lac d'eau douce. Et puis voilà qu'il y a 12 000 ans, la Terre a décidé qu'il y en avait marre de l'ère glaciaire. Elle s'est mise à se réchauffer, entraînant la fonte de ses glaces polaires. Ce qui fit monter le niveau des océans de plusieurs dizaines de mètres avec pour conséquence de provoquer un débordement de la mer Méditerranée dans la mer Noire. Mais l'eau salée et l'eau douce ont du mal à se mélanger : l'ancien lac se retrouva avec deux masses d'eau différentes empilées l'une sur l'autre. Au fond, jusqu'à 150 mètres de profondeur, une couche d'eau salée et désoxygénée ; en surface, de l'eau peu salée et oxygénée. Quand l'oxygène manque, le pourrissement est très fortement ralenti.

Voilà pourquoi les épaves situées à plus de 150 mètres de profondeur jouissent d'une jeunesse quasi éternelle. Celles-ci ont donc conservé jusqu'à leurs cordages, leur gréement, leur gouvernail et leurs sculptures décoratives. « Personne n'a vu quelque chose comme cela avant nous », confie Jon Adams, chef de la mission et directeur du Centre d'archéologie marine de l'université de Southampton. Autant dire que la collecte d'informations sur les marines byzantine et ottomane promet d'être somptueuse. Il s'agit pour la plupart de navires marchands, coulés lors de tempêtes, qui doivent encore posséder des cales pleines de marchandise : vin, céréales, bois, métal. Sans compter tous les documents écrits et les objets personnels des marins, comme leurs vêtements. Bref, en tombant sur ce gisement somptueux, l'expédition a vite abandonné ses relevés du fond de la mer Noire pour collecter toutes les informations possibles sur ces navires. Les deux rovers sous-marins ont multiplié les prises de vues et les relevés laser. Un procédé appelé photogrammétrie a permis de forger des reproductions virtuelles des navires. La prochaine expédition programmée pour l'an prochain promet d'être mirifique.

 

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