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Drancy : à 44 ans, elle décroche le bac avec l’aide de l’association Agir ensemble

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Elle arbore avec fierté son diplôme arrivé par la Poste il y a quelques jours. A 44 ans, Sandrine Mouminoux a décroché avec brio le bac pro restauration. Elle recevra le 30 septembre un prix des mains du maire de Drancy, lequel récompense chaque année les bacheliers ayant obtenu une mention. « Je serai sans doute la plus âgée », plaisante en riant cette maman de deux adolescents, chef gérante chez Elior, une entreprise de restauration collective.

Le pari n’était pourtant pas gagné. « J’ai arrêté l’école en 5e, raconte-t-elle. Alors, quand j’ai annoncé que je voulais passer mon bac, on m’a dit : Ça ne sert à rien ! Ça fait trop longtemps que tu n’as pas été à l’école ! Tu as déjà un bon poste, etc. »

Mais, Sandrine ne se décourage pas. Elle, qui a « très peu confiance » en elle, croit en son rêve. A l’automne 2015, elle franchit la porte de l’association Agir ensemble qui propose de l’aide aux devoirs. « Elle m’a demandé si on proposait du soutien pour les grands, se souvient Idriss Niang, le président. C’était la première fois qu’on nous faisait une telle demande, mais, après un blanc, j’ai dit oui ! J’ai pris ça comme un challenge. »

Très vite, l’association met en place un plan de bataille. « Elle voulait passer le bac en deux ans. On lui a dit : on y va dès cette année et on a détaché Hasna, une bénévole étudiante en physique-chimie, pour l’aider. »

Dès lors, trois à quatre soirs par semaine, Sandrine se rend à l’association après son travail. « C’était dur, ça me faisait des très grosses journées, mais, moi qui, petite, n’aimais pas l’école, j’ai adoré étudier. » Maths, sport, anglais, cuisine, gestion… « Les profs du lycée Rabelais de Dugny m’avaient indiqué quels manuels acheter, mon entreprise m’a donné carte blanche pour que je m’entraîne… Et ça a marché ! » Les notes sont au rendez-vous : 20 en dossier professionnel, 15,5 en pratique, 18,5 en gestion, 13 en maths… Sandrine obtient plus de 14 de moyenne. « Quand je l’ai appris, j’ai pleuré ! Mes collègues criaient de joie, mes enfants, mon ami, tout le monde était fier de moi », sourit Sandrine, qui l’avoue : « Cette aventure m’a changée. Etudier m’a ouvert de nouveaux horizons, je vois les choses autrement. »

Le défi ne s’arrête pas là. L’an prochain, grâce à son bac, cette chef gérante pourra passer un contrat de qualification professionnelle pour obtenir le statut de cadre. « Contaminée par le virus des études », elle envisage également de se lancer dans un BTS. L’association lui a d’ores et déjà promis son aide et Sandrine va s’engager à leur côté comme bénévole. « C’est un bel échange, se réjouit Idriss Niang. Pour nous, Sandrine est un exemple ».

 

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