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Le Journal Des Bonnes Nouvelles

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Seishi Kishimoto, enfin sorti de l’ombre fraternelle de « Naruto »

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Dans la famille Kishimoto, on connaît surtout Masashi, l’auteur de Naruto, le manga phénomène vendu à plus de 100 millions d’exemplaires. Mais beaucoup moins son frère jumeau, Seishi, également mangaka. La famille est justement au cœur de sa dernière série, Sukedachi 09, dont le premier tome vient de paraître en France aux éditions Kurokawa.

En 2015, pour lutter contre une hausse alarmante de la criminalité, le gouvernement japonais décide de rétablir la « loi de réparation ». Désormais, les proches d’une victime de meurtre peuvent demander à obtenir vengeance en faisant subir les mêmes sévices au coupable. Votre femme a été tuée par un chauffard ? Le condamné sera forcément exécuté sous les roues d’une voiture par un sukedachi, membre d’une unité spéciale de la justice. Ses neuf guerriers d’élite sont investis d’une seule mission : exercer le droit de vengeance des familles sélectionnées par l’Etat.

A son lancement au Japon, en 2014, Sukedachi 09 (prononcer « nine ») a pu compter sur la bénédiction de l’auteur de Naruto : « Masashi Kishimoto a recommandé le manga de son frère, c’était même mis en avant sur un bandeau spécial paru avec le premier volume », précise Fabien Vautrin, directeur artistique de Kurokawa.

L’éditeur français est un fidèle de Seishi Kishimoto, dont il a édité toutes les séries, depuis sa première œuvre, Satan 666 (19 tomes) à Crimson Wolf (4 volumes) en passant par Blazer Drive (9 tomes). En près de quinze ans de carrière, Seishi a réalisé trois séries de plus que son frère, qui a, pour sa part, œuvré en continu sur son unique série à ce jour, Naruto, jusqu’à sa conclusion en 2014, au bout de 72 volumes.

Les ressemblances graphiques entre les deux frères, qui ont grandi avec les mêmes références (Muscleman et Dragon Ball) ont causé quelques problèmes à Seishi à ses débuts : « Il a été critiqué sur Satan 666, on lui reprochait une trop grande ressemblance avec Naruto. Seishi Kishimoto s’est même excusé en expliquant qu’il était le frère de Masashi et qu’ils avaient forcément les mêmes influences graphiques », rappelle Fabien Vautrin, avant de s’interroger : « Dans quelle mesure l’un influence l’autre ? C’est mystérieux, mais ils ont de très bonnes relations. »

Il serait toutefois réducteur de considérer Seishi Kishimoto comme le seul « frère de… ». Avec Sukedachi 09, l’auteur parvient à créer un récit d’anticipation crédible, fondé sur un système politique original, tout en interrogeant le lecteur sur la notion de justice. Doit-il vraiment approuver ce système de vengeance à la carte, dont le perfectionnement permet au commanditaire de l’exécution de la vivre en direct grâce aux caméras 3D installées sur l’armure rouge des sukedachi ? En vengeant un proche, même par le biais d’un commanditaire, ne devient-on pas soi-même un assassin ?

Ces interrogations contemporaines ont particulièrement plu aux éditions Kurokawa : « L’auteur a quasiment inventé une nouvelle Constitution dans Sukedachi 09, ce qui renvoie à l’actualité japonaise, puisque le premier ministre [Shinzo Abe] veut modifier la Constitution. La défiance politique fait aussi écho aux mangas post-Fukushima : les Japonais s’interrogent de plus en plus sur les décisions de leurs dirigeants. »

 

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