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Perpétuité pour un juif ultra-orthodoxe qui avait tué une ado à la Gay Pride de Jérusalem

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Justice a été rendue. Un tribunal israélien a condamné à la prison à vie un juif ultra-orthodoxe pour l'assassinat d'une adolescente israélienne lors de la Gay Pride à Jérusalem en 2015. Le drame avait provoqué une forte émotion en Israël. Le 30 juillet 2015, Yishaï Shlissel, alors âgé de 39 ans s'était précipité sur le défilé de la Gay Pride qui parcourait Jérusalem. Armé d'un couteau, il avait poignardé l'une des participantes, Shira Banki, 16 ans, qui avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Six autres personnes avaient été blessées.

Son geste avait causé un émoi d'autant plus grand en Israël qu'il avait été libéré quelques semaines auparavant après avoir purgé 10 ans de prison pour une agression similaire lors d'une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005. Il avait alors blessé trois personnes.

Reconnu coupable en avril, Shlissel, qui a vécu dans une colonie ultra-orthodoxe de Cisjordanie occupée selon des médias locaux, a été amené dimanche matin à la salle d'audience, menotté et pieds entravés pour entendre sa condamnation, a rapporté une journaliste de l'Agence France-Presse.

« Il n'a montré aucun remords. À l'audience précédente, il a parlé d'une guerre religieuse », a affirmé à l'Agence France-Presse l'une des victimes de Shlissel, Noam Eyal, 31 ans, à la sortie de l'audience.

Israël est considéré comme un pays pionnier pour la promotion et le respect des droits des homosexuels, notamment en matière d'adoption par des couples de même sexe. Mais les militants LGBT dénoncent régulièrement des discriminations ou des attaques, notamment à Jérusalem, où vivent de nombreux juifs religieux qui considèrent l'homosexualité comme un péché.

Le tribunal a prononcé « une condamnation à perpétuité assortie de 31 ans de détention pour l'assassinat de Shira Banki, six tentatives de meurtre et les blessures infligées à des participants à la Gay Pride », a indiqué Oshrat Shoham, du parquet de Jérusalem. Il a également été condamné à une amende de 2 064 000 shekels (478 000 euros). La cour « a rendu un lourd verdict », a-t-elle encore dit aux journalistes à la sortie de l'audience. « Nous pensons que Yishaï Shlissel ne sera pas libéré au cours des prochaines décennies, voire pas libéré du tout. »

« Savoir que Yishaï Shlissel restera en prison jusqu'à la fin de ses jours nous rassure un peu », a déclaré à la radio publique Sarah Kala, directrice exécutive de la Jerusalem Open House LBGT. « C'est une étape supplémentaire pour tenter d'endiguer l'affreuse homophobie qui fait rage chez nous », a-t-elle ajouté.

À sa sortie de prison, Shlissel s'était abondamment répandu en critiques contre les homosexuels sur différents forums avant de passer à nouveau à l'acte. Il n'a ensuite exprimé ni regret ni excuse devant le tribunal.

Peu après l'attaque, le journal ultra-orthodoxe Bhehadrei Haredim avait cité des connaissances de Shlissel évoquant « un homme normal qui était conscient de ce qu'il faisait ». Selon le journal, ce père de quatre enfants est né dans le centre d'Israël de descendants de survivants de la Shoah. Il a très tôt rejoint une école talmudique à Moshav Yad Binyamin, dans le centre d'Israël, où il est né. Élève doué, il était très renfermé et restait seul en classe pendant les récréations, rapporte encore le journal.

La publication dans la presse de photos le montrant, dans son austère costume noir traditionnel des ultra-orthodoxes et le visage déformé par la rage, se jetant sur le cortège de la Gay Pride, avait marqué les esprits en Israël. La police avait été vivement critiquée pour son incapacité à l'empêcher de passer de nouveau à l'acte et des limogeages jusqu'aux plus hauts niveaux de l'institution avaient suivi cette attaque.

L'agression du 30 juillet avait été suivie le lendemain d'une attaque imputée à des extrémistes juifs contre une maison palestinienne en Cisjordanie occupée. Ces deux événements violents avaient causé une onde de choc dans la société israélienne et remis sur le devant de la scène la question de la violence des fanatiques juifs.

 

 

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